Les accusations contre Israël prennent une ampleur sans précédent. L’État hébreu est désormais visé par une résolution adoptée par l’International Association of Genocide Scholars (IAGS), qui regroupe les principaux spécialistes mondiaux des crimes de masse. Cette décision affirme qu’Israël commet un génocide dans la bande de Gaza.

Gaza, 2 septembre 2025. – La résolution, approuvée par plus de 80 % des membres, estime que les actions militaires israéliennes – frappes intensives dans des zones fortement peuplées, blocus humanitaire, déplacements forcés et destruction des infrastructures vitales – répondent aux critères de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.
Une pression croissante à l’ONU
Cette prise de position rejoint la mobilisation grandissante au sein des Nations unies. Plus de 500 employés du Haut-Commissariat aux droits de l’homme ont signé une pétition demandant à leur supérieur, Volker Türk, de qualifier officiellement la situation à Gaza de génocide.
Dès mars 2024, la rapporteuse spéciale Francesca Albanese avait déjà relevé des « motifs raisonnables » de penser qu’Israël commettait des actes assimilables au génocide. Elle s’appuyait sur trois éléments : les meurtres ciblés, les atteintes physiques et psychologiques graves, et l’imposition de conditions de vie mettant en péril la survie des Palestiniens.
Un dossier en cours devant la Cour internationale de Justice
L’affaire dépasse désormais le seul champ politique. Depuis décembre 2023, l’Afrique du Sud a porté plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ). En janvier 2024, la CIJ avait déjà reconnu la plausibilité des accusations et ordonné à Israël de prendre des mesures pour prévenir tout acte pouvant relever du génocide, notamment en facilitant l’aide humanitaire et en protégeant les civils.
Depuis, plusieurs pays – tels que l’Irlande, l’Espagne, le Brésil et la Turquie – se sont joints à la procédure, renforçant le poids de la plainte sud-africaine.
La position ferme d’Israël
Israël, pour sa part, rejette catégoriquement ces accusations qu’il qualifie de « mensongères et scandaleuses ». Le gouvernement affirme que son action militaire vise exclusivement à neutraliser le Hamas et à libérer les otages, et accuse ses détracteurs d’instrumentaliser le terme de génocide pour des raisons politiques.
Un affrontement politique, juridique et moral
Dans ce climat de tensions, certains États prennent déjà des mesures concrètes. La Belgique a annoncé sa volonté de reconnaître la Palestine comme État membre des Nations unies et d’imposer des sanctions ciblées contre Israël, illustrant la fracture croissante au sein de la communauté internationale.
Entre les prises de position d’ONG comme Amnesty International, les batailles diplomatiques et les débats juridiques, l’accusation de génocide contre Israël devient un enjeu central du droit international contemporain.
Si la Cour internationale de Justice reste la seule instance habilitée à trancher définitivement, la procédure pourrait durer plusieurs années. En attendant, Gaza continue de vivre une tragédie humaine dont même la qualification – guerre, massacre ou génocide – divise profondément la communauté mondiale.
La rédaction
Scoop Quotidien (SQ)






